Carnets de dégustations 2010
LE MILLESIME 2010 / CONDITIONS D’UNE REUSSITE
Rappelons-nous les conditions climatiques de 2010 : un hiver rigoureux, un début de printemps d’abord radieux, puis pluvieux, avec un temps médiocre au moment de la fleur (fin Mai à début Juin suivant les régions). En conséquence, les volumes de baies fécondées ont été réduits, donnant des grappes bien aérées, ce qui est naturellement un facteur de qualité.S’en suivirent un été et un automne chaud, très secs, un temps radieux jusqu’aux vendanges, compensé par des nuits fraîches. Le déficit permanent de pluie a constamment maintenu la vigne dans un état de stress hydrique tout à fait favorable à la production d’un raisin de qualité. Aux vendanges les baies étaient petites et très concentrées:
« Une graine de Merlot, dit Francis Boutémy, pèse en moyenne 16 à 18 g ; cette année du fait de la sécheresse elle pesait 12 g, ce qui induit une grande concentration du jus »
Tous les vignerons font la remarque que, de mémoire de vinificateur, on n’a jamais vu de résultats aussi élevés concernant les indices de tanins, leur extractibilité, la maturité des pépins et des peaux. «À Garance Haut Grenat nous avons entré au cuvier des raisins avec des concentrations en sucres et en polyphénols jamais observés jusqu’ici», dit Laurent Rebès.
Les volumes récoltés vont de moyens à faibles, mais la qualité est au rendez-vous, vraiment exceptionnelle, comme en 2009, avec un équilibre et une concentration sans doute supérieurs. On a ainsi deux années magiques d’un style très différent, 2010 se distinguant grâce à des tanins abondants, mûrs et doux, très présents, associés à une fraîcheur de fruit superbe, dans un équilibre qui est sa profonde originalité. Et de toute façon, des vins de garde !
Chaque année, qu’elle soit exceptionnelle ou non, nous sommes très pointilleux dans les choix des primeurs de Sovinat: en très grande année par exemple, qui dit conditions climatiques idéales pour la maturité dit aussi grande richesse en sucre, ce qui peut être une difficulté au moment de faire le vin. Nos dégustations sont donc aussi rigoureuses qu’en petite année !
Je conseille aux amateurs de Primeurs de déguster avant d’acheter, s’ils le peuvent, ou de se fier aux notes des professionnels indépendants comme J. Dupont sur l’hebdo Le Point, qui goûtent comme nous le faisons nous-mêmes, plusieurs centaines de vins du millésime et communiquent leurs jugements de façon totalement impartiale.
Les vins présentés dans cette liste de Primeurs 2010 sont exclusivement ceux qui ont été retenus sur dégustation pour être mis en vente en Primeurs sur le site www.sovinat.fr. Ce sont les vins que nous avons jugés être les meilleurs de l’année. Vous trouverez dans cette sélection de quoi combler tous les amoureux du vin !
Il faut préciser que nous n’avons, hélas, pas la possibilité de présenter TOUS les meilleurs 2010, ce que nous regrettons vivement : les allocations en Primeurs sont distribuées par les propriétés avec parcimonie, et sont souvent très difficiles à obtenir !
Notes : Les notes sont sur 20, comme au collège. En dessous de 14/20 les notes ne sont pas communiquées. Ainsi est évitée toute erreur due par exemple à un échantillon défectueux qui n’aurait pas pu être remplacé.
Notre hiérarchie de notes est la suivante : de 12 à 13 : vin moyen. De 13 à 14,50 : mention : assez bien. De 15 à 16 : mention : bien. De 16,50 à 18 : mention très bien. 18,50 et au-delà, vin d’exception.
Pour chaque cru noté :
O = indique l’année où l’on pourra commencer à ouvrir les bouteilles. G = indique la durée de garde prévisible en bonne cave.
Rappel : La dégustation en Primeurs n’est pas un exercice facile. Elle exige beaucoup d’expérience, mais aussi beaucoup de circonspection. Les vins ne sont pas encore prêts, les divers cépages souvent pas définitivement assemblés. Le vin doit encore être élevé 12 à 18 mois, ce qui va le transformer : il s’agit en fait d’une sorte de photo d’enfance, un jugement du potentiel, une prévision de ce que sera le vin adulte, avec une marge d’imprécision inévitable.
Les crus classés et assimilés jouent dans leur catégorie, la ligue 1 du vin, leurs notes sont en rouge sur les commentaires. On ne peut comparer un 17,5 d’un cru classé et le 17,5 d’un simple Bordeaux.
