Les carnets de dégustation primeurs 2009
PRIMEURS 2009
par Jean Christophe Estève
2009 : Un très grand millésime. Parfois hétérogène.
On avait connu un printemps contrasté, au moment de la fleur, qui avait un peu réduit les volumes de grappes fécondées, mais ensuite et tout au long du cycle de la vigne, en cette année 2009, on ne cessa de s’émerveiller, mois après mois, sur les conditions climatiques, idéales pour le futur vin, et imperturbablement belles, avec juste le petit orage qu’il fallait, au moment où il le fallait. Au bout de ce processus parfait, un temps splendide devait présider aux vendanges, qui eurent lieu sous le soleil, sur plusieurs semaines, car le beau temps se maintint et perdura même jusqu’à novembre.
Quelques propriétés eurent par contre le malheur d’être victimes de la grêle, qui ravagea les vignes en Juin, dans des secteurs comme toujours très limités : certains y perdirent une grande partie, voire toute leur récolte…Ce dût être en cette belle année particulièrement pénible pour les vignerons concernés !
Comme chaque fois dans les très grands millésimes, tels 2000 ou 2005, l’ensemble du vignoble Français a réussi de grands vins. Il va être compliqué de choisir, car toutes les régions offrent du bon.
Pour rater son vin en 2009, a-t-on l’impression, il fallait vraiment y mettre du sien ! Hé bien certains ont réussi cet exploit !….Malgré son formidable potentiel, 2009 s’avère parfois hétérogène.
C’est pourquoi Your browser may not support display of this image. pour chaque année, qu’elle soit exceptionnelle ou non, nous sommes très pointilleux dans nos choix : qui dit conditions climatiques idéales pour la maturité dit aussi grande richesse en sucre, ce qui peut être une difficulté au moment de faire le vin. Ne pas oublier par exemple que certains merlots, ou sauvignons blancs, par exemple, avaient un potentiel naturel de 15 degrés ou plus… avec les risques de surmaturité que cela suppose, manque de fraîcheur ou milieu de bouche lourd et chaud. Je conseille donc aux amateurs de déguster avant d’acheter, s’ils le peuvent, ou de se fier aux notes des professionnels comme J. Dupont sur l’hebdo Le Point, qui goûtent comme nous le faisons nous-mêmes, plusieurs centaines de vins du millésime et communiquent leurs jugements.
Au cours de ce véritable marathon commencé le 11 mars, et qui se finit le 20 avril – plus de 2500 km parcourus rien qu’en Gironde- après des centaines de châteaux dégustés et visités, nous avons trouvé de vraies petites merveilles dans tous les vignobles de qualité. Si les grands crus sont fabuleux, il ne faut pas oublier pour autant de s’intéresser à ces vins de propriétés moins célèbres, en se rappelant le vieux dicton Bordelais « En grande année achète des petits vins, en petite année achète des grands vins » Bien qu’acheter des grands vins tous les ans ne soit pas forcément unemauvaise formule !
Contrairement à ces dernières années où les vins loin d’être prêts, se goûtaient très mal en Mars, les 2009 vendangés très mûrs, proposaient à peu près partout des échantillons délicieux, ronds, aux tanins savoureux. Gageons que ces vins puissants mais charmeurs auront séduit d’emblée les dégustateurs.
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Vous le constaterez au fil de ces carnets de dégustation : nous signalons que de plus en plus de propriétés, dont de nombreux crus classés, se mettent à produire leur raisin en viticulture bio. Il eut été impensable d’en trouver dix il y a seulement 10 ans. La version la plus puriste de cette option écologique est la biodynamie, à laquelle sont convertis des crus célèbres, dans toutes les régions: par exemple Pontet Canet, la Romanée Conti, La Coulée de Serrant, Zind Humbrecht ou Deiss, etc.…Plusieurs premiers crus classés du Bordelais font actuellement des essais grandeur nature sur des parcelles de leur vignoble. Au minimum les vignerons pratiquent la culture raisonnée, en n’utilisant que des quantités faibles, les plus basses possibles, de ces produits en «….. - cides » – insecticides, fongicides, pesticides et autres merveilleuses inventions pour l’agriculture moderne.
Les viticulteurs adeptes du bio ont bénéficié cette année d’un avantage inattendu : l’une des conséquences heureuses de ce mode de culture est que la récolte mûrit plus vite, et les maturités, alcoolique et phénolique, tendent à se produire en même temps. Les bios ont ainsi pu, en vendangeant mûr mais plus tôt, conserver une bonne trame d’acidité naturelle, un fruité frais, sans notes confites de surmaturité, ce qui est un plus dans une année très chaude.
Nous avons marqué, pour information,
- d’une les propriétés qui déclarent être intéressés par l’agriculture bio ainsi que ceux qui nous ont déclaré faire des essais dans ce sens,
-de deux les vins issus de culture bio certifiée.
On se rendra ainsi compte de l’évolution des mentalités vis-à-vis de la viticulture bio.
