C’est donc sous le soleil que l’on va vendanger, à partir de mi-septembre, et on ramassera le raisin durant tout le mois d’octobre, et
même, par endroits, début novembre. Une récolte de petit volume, ce qui va entraîner une concentration naturelle des moûts
importante, et qui explique en partie la réussite surprenante du millésime.
2008 est donc une année de maturation lente et progressive. Le contraire d’une année comme 2003, hâtive et charmeuse, qui se boit
jeune. Cela déjà permet de prédire que les équilibres de 2008, a contrario, seront ceux d’une belle année de garde.
Il faut insister sur le travail des vignerons en amont : on intervient dans les vignes, désormais, comme jamais on ne le fit par le
passé. Il y a dix ans on n’aurait pas pu attendre la maturité comme on l’a fait cette année. Le travail des hommes, effeuillage,
ébourgeonnage, vendanges en vert et en rose, tries de nettoyage, permet de garder un état sanitaire satisfaisant et donne à la vigne la
possibilité de produire le raisin en volumes contrôlés et avec une régularité remarquable dans la qualité chaque année.
Les connaissances œnologiques, en progrès constant, permettent d’éviter de nombreux écueils ; par exemple on sait aujourd’hui
comment se préserver, grâce aux effeuillages et aux vendanges en vert, de teneurs excessives en IBMP (isobutylméthoxypyrazine :
source de la flaveur bien connue de « poivron ver t ») qui affectaient encore récemment les raisins d’années tardives à été frais,
auxquelles le cabernet franc – Rive droite et Loire- était très exposé.
Les rouges se sont étoffés par rapport à leurs premières dégustations après vendanges. On y trouve un bon équilibre entre degré,
acidité et des tanins prometteurs. Si l’on excepte 2005, qui est et restera un millésime très exceptionnel, 2008 en rouges fait partie
me semble-t-il, et de l’avis de nombreux vignerons, des deux ou trois meilleures années depuis dix ans. Ce qui est inattendu, au
point que l’ensemble des professionnels a observé à ce sujet « un silence radio » général depuis les vendanges.
2008 est un grand millésime en blancs. Du moins en niveau, mais pas en volumes… Il y a la structure, l’acidité, le fruit conservé
par les nuits fraîches de septembre. Par contre si en Bordeaux, en Entre deux Mers, la récolte est, en volume, limitée, c’est encore
plus dur pour les châteaux des Graves et surtout pour Sauternes, où les rendements ont été historiquement faibles.
Vous trouverez dans notre catalogue les primeurs des régions traditionnelles, Bordeaux, Bourgogne, Rhône, Midi. Nouveauté
cette année ; j’ai enfin pu décider pour la première fois quelques superbes propriétés de Loire à vendre en Primeurs : certains
de ces Bourgueil, Chinon, Touraine peuvent être de magnifiques vins de garde, ce qu’on a un peu oublié en les buvant très – trop-
jeunes…Ces domaines, de plus, jouent parfaitement le jeu des Primeurs, avec des tarifs réduits inhérents à ce type d’achats, et donc
très attractifs. Autre retour dans nos offres : trois Alsace Grands Crus de Jean Michel Deiss à ne pas rater !
Jean Christophe Estève |
Notes : Les notes sont sur 20, comme au collège. En dessous de 12/20 les notes ne sont pas communiquées. Ainsi est évitée toute erreur due par exemple à
un échantillon défectueux qui n’aurait pas pu être remplacé.
De 12 à 13 : vin moyen. De 13 à 14,50 : mention : assez bien. De 15 à 16 : mention : bien. De 16,50 à 18 : mention très bien. Au-delà, vins d’exception.
Pour chaque cru noté :
O = indique l’année où l’on pourra commencer à ouvrir les bouteilles. G = indique la durée de garde prévisible en bonne cave.
Rappel : La dégustation en Primeurs n’est pas un exercice facile. Elle exige beaucoup d’expérience, mais aussi beaucoup de circonspection. Les vins ne
sont pas encore finis, les divers cépages souvent pas assemblés. Ce que l’on déguste doit encore être élevé 12 à 18 mois, ce qui va le transformer : il s’agit en
fait d’une sorte de photo d’enfance, un jugement du potentiel, une prévision de ce que sera le vin adulte, avec une marge d’imprécision inévitable.
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