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Dégustations primeurs 2008  | www.sovinat.com : le site commercial de J C Esteve

Dégustations 2008

Sommaire

Cahier des dégustations complet :
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Bordeaux: 1ers crus classés et assimilés  


St Emilion1er CC

Crus Classés du Médoc St Emilion GC & GCC
Crus Bourgeois et divers médoc
Bordeaux et côtes
Graves & Pessac Léognan
Pomerol
    Sauternes
    Autres régions
       


Dès sa naissance, le millésime 2008 fut un peu dévalorisé dans l’esprit du public, sans doute parce que l’été 2008 avait été plutôt frais et humide. Nous avons incité à de nombreuses reprises nos lecteurs à plus de circonspection. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ecoutons l’avis d’un maître : Denis Dubourdieu, œnologue et professeur à la Faculté de Bordeaux, qui résume ainsi le millésime: « Des vins blancs secs exceptionnels, des rouges bons à très bons, et d’excellents Sauternes et Barsac ».

A l'opposé de 2007,

le printemps fut humide et pluvieux. La pression des maladies fut intense, le mildiou et l’oïdium apparurent très tôt et la floraison s’étira par temps humide, entraînant coulure et millerandage, annonciateurs de rendements plus faibles que la moyenne. On verra que cette réduction naturelle des volumes de grappes sur chaque pied sera un facteur important pour la qualité. Par contre Juillet fut très sec et ensoleillé, et Denis Dubourdieu pense que « Juillet a été déterminant dans la qualité et la concentration du millésime » Heureusement, parce que Août fut froid, souvent pluvieux, jusqu’au début septembre, comme les deux années précédentes, retardant considérablement le début des vendanges. Et, encore comme les années précédentes, à partir de ces vendanges désormais tardives, on va assister à un renversement du climat, une période de beau temps qui perdurera jusqu’à la fin Octobre.


 C’est donc sous le soleil que l’on va vendanger, à partir de mi-septembre, et on ramassera le raisin durant tout le mois d’octobre, et même, par endroits, début novembre. Une récolte de petit volume, ce qui va entraîner une concentration naturelle des moûts importante, et qui explique en partie la réussite surprenante du millésime. 2008 est donc une année de maturation lente et progressive. Le contraire d’une année comme 2003, hâtive et charmeuse, qui se boit jeune. Cela déjà permet de prédire que les équilibres de 2008, a contrario, seront ceux d’une belle année de garde.

Il faut insister sur le travail des vignerons en amont : on intervient dans les vignes, désormais, comme jamais on ne le fit par le passé. Il y a dix ans on n’aurait pas pu attendre la maturité comme on l’a fait cette année. Le travail des hommes, effeuillage, ébourgeonnage, vendanges en vert et en rose, tries de nettoyage, permet de garder un état sanitaire satisfaisant et donne à la vigne la possibilité de produire le raisin en volumes contrôlés et avec une régularité remarquable dans la qualité chaque année. Les connaissances œnologiques, en progrès constant, permettent d’éviter de nombreux écueils ; par exemple on sait aujourd’hui comment se préserver, grâce aux effeuillages et aux vendanges en vert, de teneurs excessives en IBMP (isobutylméthoxypyrazine : source de la flaveur bien connue de « poivron ver t ») qui affectaient encore récemment les raisins d’années tardives à été frais, auxquelles le cabernet franc – Rive droite et Loire- était très exposé.

Les rouges se sont étoffés par rapport à leurs premières dégustations après vendanges. On y trouve un bon équilibre entre degré, acidité et des tanins prometteurs. Si l’on excepte 2005, qui est et restera un millésime très exceptionnel, 2008 en rouges fait partie me semble-t-il, et de l’avis de nombreux vignerons, des deux ou trois meilleures années depuis dix ans. Ce qui est inattendu, au point que l’ensemble des professionnels a observé à ce sujet « un silence radio » général depuis les vendanges.

2008 est un grand millésime en blancs. Du moins en niveau, mais pas en volumes… Il y a la structure, l’acidité, le fruit conservé par les nuits fraîches de septembre. Par contre si en Bordeaux, en Entre deux Mers, la récolte est, en volume, limitée, c’est encore plus dur pour les châteaux des Graves et surtout pour Sauternes, où les rendements ont été historiquement faibles.


Vous trouverez dans notre catalogue les primeurs des régions traditionnelles, Bordeaux, Bourgogne, Rhône, Midi. Nouveauté cette année ; j’ai enfin pu décider pour la première fois quelques superbes propriétés de Loire à vendre en Primeurs : certains de ces Bourgueil, Chinon, Touraine peuvent être de magnifiques vins de garde, ce qu’on a un peu oublié en les buvant très – trop- jeunes…Ces domaines, de plus, jouent parfaitement le jeu des Primeurs, avec des tarifs réduits inhérents à ce type d’achats, et donc très attractifs. Autre retour dans nos offres : trois Alsace Grands Crus de Jean Michel Deiss à ne pas rater !


Jean Christophe Estève


Notes
: Les notes sont sur 20, comme au collège. En dessous de 12/20 les notes ne sont pas communiquées. Ainsi est évitée toute erreur due par exemple à un échantillon défectueux qui n’aurait pas pu être remplacé.
De 12 à 13 : vin moyen. De 13 à 14,50 : mention : assez bien. De 15 à 16 : mention : bien. De 16,50 à 18 : mention très bien. Au-delà, vins d’exception.

Pour chaque cru noté :
O = indique l’année où l’on pourra commencer à ouvrir les bouteilles. G = indique la durée de garde prévisible en bonne cave.

Rappel : La dégustation en Primeurs n’est pas un exercice facile. Elle exige beaucoup d’expérience, mais aussi beaucoup de circonspection. Les vins ne sont pas encore finis, les divers cépages souvent pas assemblés. Ce que l’on déguste doit encore être élevé 12 à 18 mois, ce qui va le transformer : il s’agit en fait d’une sorte de photo d’enfance, un jugement du potentiel, une prévision de ce que sera le vin adulte, avec une marge d’imprécision inévitable.